jeudi 7 octobre 2010

Un dimanche perché

Mon retour vers la France se rapprochant (le 12 octobre), j'essaie de voir un maximum de choses et de profiter de Shanghai et ses alentours.
Dimanche 3 octobre, une journée ensoleillée pointe son nez, j'en profite donc pour planifier un maximum d'activités pour la journée.


1ère étape : Marché aux livres anciens



Situé dans le Temps de Confucius, ce petit marché se déroule tous les dimanches de 9h à 16h.
Une trentaine d'étalages sont disposés sous des parasols dans la cour du Temple.
On y trouve vraiment de tout : des soit-disant vieilles affiches et photos qui se trouvent finalement être des rééditions, des centaines de vieux petits livres, des livres d'art, des romans, et quelques rares revues et livres en anglais. L'ambiance qui règne ici est vraiment paisible, je fais partie des très rares étrangers qui s'aventurent ici donc j'attire l'attention de nombreuses personnes. 
Ce ne sera pas la seule fois dans la journée que je ressentirai pleinement mon statut d'étrangère, qui me mets parfois mal à l'aise. 

2ème étape : Lu Xun Park


Tombe de Lu Xun

Après avoir pris mon temps pour regarder tous ces livres et me balader dans le temple, je pars pour le parc Lu Xun, situé au nord du Bund. Lu Xun, mort en 1936, a joué un rôle considérable dans la littérature chinoise moderne et fut un écrivain majeur du 20ème siècle. Ce parc a été un émerveillement, je n'avais jamais vu pareilles animations et ambiances où que ce soit.
Cet immense parc est un lieu de rencontres, de rassemblement, de promenade, de détente, d'amusement, pour de nombreux chinois. Ici encore je ne croise que 2 occidentales et où que j'aille on me regarde avec surprise. peut-être que mes yeux ébahis et mon sourire bêta y sont pour quelque chose. Ca fait du bien d'être entourée d'arbre, d'eau, mais le bruit, parfois sourd, contraste avec le calme qu'on pourrait penser trouver. A travers tout le parc je peux voir des femmes danser, des personnes chanter improvisant un karaoké en plein air, des enfants jouer dans des espèces de grandes roues gonflables sur l'eau les faisant ressembler étrangement à des petits rats de laboratoire, des hommes qui jouent à des cartes et autres jeux chinois, des chorales qui répètent, et bien d'autres surprises. Ce qui me fascine par dessus tout c'est cette unité qui émane de toute cette animation. Il y a des dizaines de choses différentes qui se passent, ce qui est parfois assourdissant, mais j'y trouve une grande beauté. C'est peut-être seulement mon oeil neuf sur ça qui provoque cette réaction. 
J'ai été plus particulièrement émue par une scène improbable : un homme entouré d'une cinquantaine de chinois qui ne se connaissaient pas et qui chantaient en choeur...la scène était magnifique, j'aurai pu rester là des heures à les regarder et les écouter.

Afin que vous vous fassiez une idée de ce dont je parle, voici une courte vidéo :




3ème étape : Duolun Lu




Après cette étonnante escapade dans Lu Xun Park, je me dirige vers Duolun Road, une rue piétonne assez connue a proximité du parc. De nombreux écrivains chinois ont résidé dans cette rue, qui se distingue par son architecture des années 30 et dont les bâtisses ressemblent, à mon goût, aux anciennes maisons coloniales. L'architecture est certes belle, mais cela m'a moinc touché que ce que j'avais pu voir auparavant.
Le Duolun Art Museum, musée d'art contemporain, se situe dans cette rue, j'en profite donc pour y faire un tour. Je ressors particulièrement déçue. J'avais lu à plusieurs reprises qu'il s'agissait d'un musée novateur qui se distinguait par ses expositions et collections permanentes de qualité. Mais j'ai été confrontée à out autre chose : un musée très sombre, humainement très froid, dont la scénographie est catastrophique. En ce qui concerne l'exposition en cours, au-delà du fait que je n'ai pas trouvé le travail présenté de qualité, la médiation est quasiment absente.

Mais cette petite déception ne vient cependant pas gâcher tout le plaisir que j'ai pu ressentir durant cette journée et je repars de là positives et des images qui resteront longtemps gravées dans mon esprit.

Vous pouvez voir davantage de photos de cette journée sur le lien suivant : http://www.flickr.com/photos/morgane85/sets/72157625107633804/

samedi 2 octobre 2010

Chez Bono

Alors que je suis à Shanghai depuis à peine 1 mois et demi, il me prend alors l'envie de prendre un risque considérable : le coiffeur.
Pourquoi un risque me répondrez-vous ?

  • Les européens n'ont pas les même cheveux que les européens : les miens ne sont pas du tout raides comme des baguettes.
  • Très peu de chinois parlent anglais et encore moins français (mais n'allons pas trop loin, trop d'exigence me ferai basculer dangereusement dans "l'expatriatisme") donc il risque d'avoir un léger soucis d'incompréhension
  • Cette barrière de la langue pourrait me faire ressortir du coiffeur défigurée (comment ça j'exagère?)
Mais heureusement que connaisseuses, internet, blogs et autres forums existent pour me conseiller!
Je m'attendais à ce qu'on me dirige, encore, vers un endroit trendy branché, incontournable pour les expat' et donc une marque occidentale, cela va sans dire. 
Agréable surprise de voir qu'il n'en ai rien mais que, au contraire, on recommande partout le petit salon "Chez Bono". Ca sonne drôlement occidental tout de même. 
Allez, je me décide, je fais le grand bond vers l'inconnu.
Il faut quand même savoir que j'avais pris la précaution, auparavant, de prendre des exemples avec moi pour minimiser la catastrophe.


Me voilà donc chez Bono : une petite salle qui ne paye vraiment pas de mine, un siège lacéré et un lavabo qui font office de lieu pour shampouiner ma tignasse. Un jeune chinois me prépare la tête en attendant le seul coiffeur. 

Ce salon est assez incroyable et pour le moins atypique : je suis entourée de vieilles photos des années 50 et 60 sur lesquelles figurent Belmondo, Alain Delon, Françoise Dorléac et bien d'autres. Je me sens bien.

Le coiffeur arrive et je vais de surprise en surprise : non seulement il parle anglais mais en plus il connait quelques mots en français, sait dire "éffilé, désépaissir, dégradé". Woaw!
Je découvre alors qu'il est passionné par la culture occidentale et plus particulièrement la France. Il adore les Français, les Françaises, et a pris des cours de français à la fac. Fabuleux. De la musique autre que chinoise en fond sonore, un film pur produit commercial (Iron-Man), quelques mots de français, je me sens presque chez moi!
Ha, et il est également fan de Bono mais vous l'auriez compris.

Résultat de la séance coiffeur : je suis sereine, décontractée et en plus il a parfaitement réussi à faire ce que je voulais. 
Et tout cela pour 30RMB...3,30euros...Rien à dire.